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Le recyclage de la partie plastique et aluminium (PE/Alu) des briques alimentaires

Les résidus de polyéthylène et d’aluminium, récupérés à la suite du pulpage chez les papetiers, constituent aussi une ressource exploitable. Plusieurs entreprises pratiquent déjà une valorisation de ce flux : certaines privilégient la valorisation matière (transformation du déchet PE/Alu en matière première plastique et/ou aluminium), d’autres la valorisation énergétique et enfin d’autres le couplage des deux (incinération pour produire de l’énergie et récupération éventuelle des résidus d’aluminium).

En France, les Papeteries de Raon dans les Vosges recyclent le polyéthylène contenu dans les déchets industriels de briques alimentaires, grâce à un procédé chimique de séparation. L'aluminium est dissout pour donner du sulfate d’alumine qui peut être utilisé comme floculant. Le polyéthylène, de bonne qualité, devient une nouvelle matière première pour les plasturgistes.

    

Pour les résidus de polyéthylène et d’aluminium des briques alimentaires issus du circuit des collectes sélectives, Alliance Carton Nature finalise son projet : Il s’agit de transformer le film de polyéthylène/aluminium en granulés denses, par extrusion, sans séparer ces deux matériaux. Ces granulés deviennent ainsi une nouvelle matière première utilisable pour différents types d’industries plastiques.

Le lancement industriel de ce procédé devrait voir le jour début 2011.

En Europe, certains pays réutilisent aussi le PE/Alu des briques alimentaires.

  • En Espagne, à travers le projet "Clean", Stora Enso réalise une pyrolyse du PE/Alu. Le polyéthylène aluminium est soumis à une très forte température en absence d'oxygène, ce qui permet de le transformer en gaz sans le brûler. Le polyéthylène sous forme gazeuse fait ensuite tourner une turbine et un alternateur, produisant ainsi de l’électricité. L’aluminium est quant à lui récupéré pur et repart dans sa filière classique.
    Stora Enso recycle ainsi 9000 tonnes par an de PE/Alu humide, ce qui lui permet de récupérer près de 1300 tonnes par an d’aluminium de bonne qualité et 22000 MWh d’électricité par an grâce à la pyrolyse du polyéthylène.
  • En Allemagne, le PE/Alu est utilisé comme combustible alternatif au charbon dans les fours de cimenterie. De plus, l’aluminium s’oxyde pour former des oxydes d’aluminium, utiles comme liants pour fabriquer le ciment. Il s’agit donc d’une valorisation énergétique (à travers le polyéthylène) et matière (à travers l’aluminium).
  • En Suède, c’est la valorisation énergétique qui a été choisie ; le polyéthylène est brûlé pour obtenir de la vapeur directement utilisable par le papetier recycleur de briques alimentaires, notamment pour chauffer les rouleaux sécheurs utilisés dans la fabrication du papier. Cette papeterie a la particularité de ne traiter que des briques alimentaires contenant des produits frais (durée de conservation courte) donc sans aluminium, ce qui facilite le traitement de la partie non-papier.


Au Brésil,
une valorisation matière du PE/Alu est actuellement réalisée par un procédé de torche à plasma. Le plasma est créé par combustion d’un gaz inerte (Argon) puis, grâce à un arc électrique, on peut produire un jet de plasma d’une température de 15000°C. Du fait de l’absence d’oxygène et de la température très élevée, le polyéthylène est gazéifié (non brûlé) pour être ensuite condensé ; on peut ainsi le récupérer sous forme de paraffine et le réutiliser comme matière première noble. L’aluminium est quant à lui récupéré avec une extrême pureté et rejoint sa filière habituelle.

Utiliser une torche à plasma permet d’avoir un bon rendement énergétique et de ne pas brûler le polyéthylène : ceci ne serait pas possible avec l’utilisation de gaz naturel pour la gazéification. Néanmoins, cette méthode demande un investissement conséquent et des coûts de fonctionnements importants ne pouvant être supportés que par des très importantes usines de recyclage : ceci est le cas au Brésil.

ACN travaille actuellement sur une solution visant à permettre le recyclage total et à grande échelle du polyéthylène et de l’aluminium (PE/Alu). Cette solution permettrait de densifier le PE/Alu, qui pourrait par la suite être revendu aux industries utilisatrices de matières plastiques.